Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, l’Initiative pour la Stabilité d’Haïti (ISH) tire la sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée de la situation nationale. L’organisation évoque un « délitement avancé de l’État », marqué par une aggravation des conditions de vie de la population et une incapacité des autorités à contenir les multiples crises qui secouent le pays.
Selon l’ISH, la détérioration des conditions socio-économiques, amplifiée par la hausse des prix des produits pétroliers, plonge une grande partie de la population dans une précarité extrême. L’organisation dénonce l’absence de politiques publiques efficaces, entraînant une chute du pouvoir d’achat et une fragilisation du tissu social.
Sur le plan sécuritaire, la situation est jugée particulièrement alarmante. L’ISH pointe du doigt l’expansion rapide de l’insécurité, notamment dans l’Artibonite et le Sud-Est, où des groupes armés mènent des attaques violentes contre les populations. Ces violences, qui ont déjà causé de nombreuses pertes humaines et des déplacements massifs, traduisent, selon l’organisation, une perte de contrôle de certaines zones du territoire et une défaillance grave de l’État dans ses missions régaliennes.
Par ailleurs, l’ISH critique le non-respect du Pacte pour la stabilité et l’organisation des élections, signé en février dernier, qu’elle considère comme une rupture de confiance majeure entre les autorités et les forces vives de la nation.
Face à cette situation, l’organisation formule plusieurs recommandations. Elle appelle à la relance immédiate d’un dialogue politique inclusif, accompagné d’un mécanisme de suivi transparent. Elle plaide également pour la mise en œuvre d’un plan national d’urgence sécuritaire visant à rétablir l’autorité de l’État, rouvrir les axes routiers et reprendre le contrôle des zones dominées par les groupes armés.
Sur le plan social, l’ISH recommande la publication du rapport du Conseil Supérieur des Salaires et l’ajustement du salaire minimum à 2 000 gourdes, afin de freiner la dégradation du pouvoir d’achat. Elle insiste également sur la nécessité de renforcer les programmes sociaux, dans un contexte où plus de la moitié de la population fait face à l’insécurité alimentaire, selon les données du CNSA.
Enfin, l’organisation appelle à la publication rapide d’un calendrier électoral crédible, en vue de la tenue d’élections libres et inclusives au plus tard au deuxième trimestre de 2027, afin de mettre un terme à la transition politique en cours.
Dans un ton ferme, l’ISH avertit que le temps des constats est dépassé et exige des actions concrètes, visibles et mesurables.
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