Face à l’aggravation de la crise économique et sécuritaire en Haïti, le débat autour de la survie du secteur informel refait surface. Dans un contexte marqué par l’augmentation des commerces de rue, des services de proximité, des activités de réparation, de l’agriculture de subsistance et des petits métiers, plusieurs acteurs estiment qu’il devient urgent de repenser la place de ce secteur dans l’économie nationale.
Parmi les voix qui s’élèvent figure celle de Boilo Mondésir Junior, citoyen engagé et entrepreneur, qui, à travers le Collectetif des Citoyens du Secteur Informel et des Petites Entreprises d’Haïti (CCSIPEH), propose une nouvelle approche visant à accompagner progressivement les acteurs du secteur informel vers une formalisation adaptée à la réalité du pays.
Selon Boilo Mondésir Junior, le secteur informel représente aujourd’hui le véritable poumon de l’économie haïtienne. Il rappelle que ce secteur génère environ 80 % des emplois et contribue à hauteur de 55 % au Produit Intérieur Brut (PIB) national, malgré l’absence d’encadrement légal, de protection sociale et de soutien étatique structuré.
« Depuis plusieurs années, nous assistons à une augmentation considérable des activités informelles en Haïti. Pourtant, les acteurs de ce secteur restent les premières victimes de l’insécurité, du déplacement forcé des populations et du manque d’accompagnement réel de l’État », souligne-t-il.
À travers ses enquêtes de terrain réalisées avec son équipe, le responsable du CCSIPEH affirme avoir constaté la vulnérabilité croissante des petits commerçants, des marchandes, des réparateurs et des familles déplacées ayant perdu leurs biens et leurs sources de revenus à cause de la violence armée.
Dans cette perspective, Boilo Mondésir Junior propose au gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’adopter une stratégie de formalisation graduelle du secteur informel basée notamment sur :
* des programmes de formation professionnelle ;
* l’accès à des microcrédits ;
* l’accompagnement administratif ;
* le renforcement de la résilience économique des familles vulnérables ;
* et la création de mécanismes d’intégration progressive vers le secteur formel.
Pour le CCSIPEH, il ne s’agit pas d’imposer brutalement des contraintes administratives aux petits acteurs économiques, mais plutôt de construire un processus inclusif capable de protéger et de stabiliser ce secteur essentiel à la vie nationale.
Boilo Mondésir Junior estime également que l’État doit dépasser les discours politiques et adopter une approche pragmatique face à l’urgence sociale actuelle.
« Formaliser le secteur informel, ce n’est pas réprimer les petits commerçants. C’est leur donner les outils nécessaires pour devenir plus résilients, plus durables et mieux protégés », défend-il.
À travers cette initiative, le CCSIPEH entend ouvrir un nouveau débat sur la nécessité de bâtir une économie plus structurée et plus inclusive, capable de répondre aux réalités des milliers de familles haïtiennes qui survivent aujourd’hui grâce aux activités informelles.
ExodeNews est là pour vous informer !



































