La compagnie aérienne ZED Airlines est au cœur d’un scandale après avoir commercialisé des billets pour un vol vers Montréal qui ne disposait d’aucune autorisation d’exploitation, selon les autorités canadiennes, laissant de nombreux passagers dans l’incertitude et sans solution claire de remboursement.
L’annulation soudaine des vols de ZED Airlines vers Montréal continue de provoquer colère et frustration parmi les voyageurs affectés. Alors que les autorités canadiennes ont confirmé à AyiboPost que la compagnie ne disposait pas des autorisations nécessaires pour exploiter cette liaison, plusieurs clients dénoncent aujourd’hui un manque d’information et l’absence de mécanismes de protection des consommateurs.
Au Cap-Haïtien, le 8 juin dernier, des dizaines de passagers se sont présentés à l’aéroport dans l’espoir d’embarquer pour Montréal. C’est sur place qu’ils ont appris que le vol était annulé. Certains avaient déboursé plus de 1 200 dollars américains pour un billet aller-retour selon les informations révélées par le journal AyiboPost.
Parmi eux, Paul David, 36 ans, accompagnait sa mère qui devait rejoindre sa fille au Canada. Après l’annulation du vol, il a dû revoir complètement son itinéraire. La compagnie lui a proposé de poursuivre son voyage via les Îles Turques-et-Caïques. Cette solution a toutefois engendré des dépenses imprévues.
Selon son témoignage, il a dû payer une nuit supplémentaire d’hôtel au Cap-Haïtien pour lui et sa mère, puis réserver deux nuits d’hôtel aux Îles Turques-et-Caïques pour cette dernière, pour un montant total de 484,08 dollars américains.
D’autres clients cherchent toujours à récupérer leur argent. Un passager ayant acheté un billet Montréal-Cap-Haïtien à près de 600 dollars pour un vol prévu le 16 juin affirme avoir appris l’annulation à travers une publication Facebook de la compagnie. Malgré plusieurs tentatives, il dit ne pas parvenir à joindre le service à la clientèle de ZED Airlines à Montréal et affirme n’avoir reçu aucune communication officielle concernant le remboursement de son billet.
Au-delà des difficultés rencontrées par les voyageurs, cette affaire soulève des interrogations sur le rôle des autorités haïtiennes de l’aviation civile. Selon des informations publiées par AyiboPost, ZED Airlines opérait sous une licence commerciale temporaire délivrée par l’Office national de l’aviation civile (OFNAC). À ce jour, l’institution n’a publié aucun communiqué expliquant les circonstances ayant conduit à la commercialisation de vols qui, selon les autorités canadiennes, n’étaient pas autorisés.
L’absence de réaction officielle alimente les critiques sur les mécanismes de contrôle du secteur aérien en Haïti. Plusieurs observateurs estiment que cette situation met en lumière les faiblesses de la régulation et l’insuffisance des protections offertes aux consommateurs.
Pendant que les passagers tentent de récupérer leur argent ou de réorganiser leurs déplacements, une question demeure : comment une compagnie a-t-elle pu vendre des billets pour une destination internationale sans que les autorisations nécessaires ne soient pleinement obtenues ?
En attendant des réponses des autorités compétentes et de ZED Airlines, les voyageurs affectés continuent de supporter les conséquences financières et logistiques de cette affaire.
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