Le Collectif des Citoyens du Secteur Informel Haïtien et des Petites Entreprises (CCSIHPE) passe à une nouvelle étape dans sa mobilisation. Lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 17 septembre 2026, à Port-au-Prince, l’organisation a annoncé le lancement de la deuxième phase de son mouvement en faveur des commerçants et entrepreneurs victimes de l’insécurité.
Le collectif réclame un accompagnement financier de l’État pour permettre aux personnes ayant perdu leurs activités de reprendre leur commerce et de retrouver des conditions de vie plus dignes. Cette nouvelle phase intervient après plusieurs sit-in organisés devant des institutions publiques, dont le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de la Planification et de la Coopération externe et la Primature.
À cette occasion, le coordonnateur national du CCSIHPE, Boileau Jr Mondésir, a présenté une Commission des commerçants victimes composée de représentants provenant de plusieurs marchés du pays.
Les témoignages livrés lors de la conférence ont également mis en lumière les difficultés auxquelles font face les familles déplacées. Deux commerçantes ont notamment dénoncé l’absence de réponses concrètes à leurs revendications. Elles ont évoqué les conséquences de l’insécurité sur leurs activités, leurs conditions de logement et la scolarisation de leurs enfants.
Selon leurs témoignages, plusieurs élèves déplacés ne disposent toujours pas des moyens nécessaires pour reprendre les cours. Des carnets scolaires seraient restés dans leurs anciens établissements, tandis que certaines familles peinent à acheter les fournitures scolaires nécessaires.
« Nou menm machann, nou pa konn mande non, fwa sa nou pa kapab ankò. Leta pran responsablite w », ont-elles déclaré, appelant les autorités à prendre en compte la situation des commerçants victimes du Champ-de-Mars, du marché Salomon, du centre-ville de Port-au-Prince, de Martissant, de Croix-des-Bouquets, de Carrefour-Aéroport et de l’Artibonite, entre autres zones touchées par l’insécurité.
Boileau Jr Mondésir a, pour sa part, appelé les commerçants et entrepreneurs victimes à rejoindre la mobilisation. Il estime que les personnes déplacées ne peuvent pas rester durablement dans les camps et doivent bénéficier d’un soutien leur permettant de reprendre leurs activités.
« Nous ne pouvons plus continuer à vivre cette vie de misère sous les tentes dans les camps. Nous devons redémarrer nos activités commerciales », a-t-il soutenu.
À travers cette deuxième phase, le CCSIHPE entend maintenir la pression sur les autorités. Le collectif demande notamment des mesures de sécurité et de justice pour les commerçants victimes, ainsi qu’un mécanisme de réparation et d’accompagnement pour les personnes déplacées.
Il réclame également la mise en place d’une Commission nationale des marchands déplacés, un soutien permettant aux familles de reprendre la scolarisation de leurs enfants, l’accompagnement au retour des déplacés du Champ-de-Mars et une meilleure prise en compte du secteur informel dans les politiques publiques.
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