Port-au-Prince, 15 mai 2026.— Face à l’aggravation de la crise sécuritaire et à ses conséquences sur les conditions de vie des populations, le coordonnateur général du Collectif des Citoyens du Secteur Informel et des Petites Entreprises d’Haïti (CCSIPEH), Boileau Jr Mondesir, plaide pour la mise en place d’un vaste programme national de relance économique en faveur des travailleurs du secteur informel et des petits entrepreneurs déplacés par la violence.
Intervenant récemment à l’émission Salon des invités diffusée sur la plateforme Vant Bef Info et animée par le journaliste Jacques Innocent, le responsable du CCSIPEH a attiré l’attention sur la situation préoccupante de milliers de familles ayant perdu leurs activités économiques à cause de l’insécurité persistante dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon lui, le secteur informel demeure le principal moteur de l’économie haïtienne. S’appuyant sur des données publiées par l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) en 2023, il affirme que près de 80 % des emplois dans le pays sont générés par ce secteur, qui contribuerait également à plus de 60 % du produit intérieur brut national.
Malgré son poids économique, ce secteur continue, d’après Boileau Jr Mondesir, à être insuffisamment pris en compte dans les politiques publiques. Il déplore notamment l’absence de mécanismes d’accompagnement adaptés aux réalités des petits commerçants, artisans et micro-entrepreneurs frappés de plein fouet par les violences armées.
Le dirigeant du CCSIPEH estime qu’une part importante des déplacés internes dépendait auparavant d’activités informelles pour subvenir à leurs besoins. Il évoque des centaines de milliers de personnes désormais privées de revenus stables et contraintes de vivre dans des camps de fortune ou chez des proches dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Grand Sud et l’Artibonite.
Pour Boileau Jr Mondesir, l’urgence dépasse la seule assistance humanitaire. Il appelle les autorités haïtiennes et les partenaires internationaux à élaborer des programmes de financement, de formation et d’accompagnement capables de favoriser la réintégration économique des victimes de déplacements forcés.
Le responsable affirme par ailleurs que son organisation a déjà identifié entre 20 000 et 25 000 acteurs du secteur informel à travers différentes zones du pays. À terme, le collectif ambitionne d’atteindre près de 350 000 micro-entrepreneurs afin de mieux structurer leurs revendications et renforcer leur capacité de résilience face à la crise actuelle.
ExodeNews est là pour vous informer !



































